Accompagner sans donner de solutions directes : 6 stratégies concrètes pour les mentors
L’un des plus grands défis du rôle de mentor est de ne pas tomber dans le piège du conseil rapide ou de la solution toute faite. Pourtant, c’est justement dans l’espace laissé au mentoré pour réfléchir, explorer et choisir par lui-même que s’exerce tout l’impact du mentorat.
1. Utilisez la force des questions ouvertes
Les questions ouvertes stimulent la réflexion et aident le mentoré à structurer ses idées. Évitez les questions qui commencent par « Est-ce que tu as pensé à… », elles masquent souvent une suggestion déguisée.
« Quelles options vois-tu en ce moment ? »« Si tu pouvais tout recommencer, que ferais-tu différemment ? »
2. Partagez vos expériences, pas vos solutions
Raconter une expérience personnelle peut être pertinent, tant qu’on évite de la présenter comme « la bonne réponse ». L’objectif est d’ouvrir des perspectives.
« Quand j’ai été confrontée à une situation similaire, voici ce que j’ai fait. Mais il y a sûrement d’autres approches. Qu’en penses-tu ? »
3. Encouragez la prise de recul
Aider le mentoré à « sortir » de l’émotion ou de l’urgence lui permet souvent d’y voir plus clair. Le simple fait de reformuler une situation change déjà le regard porté dessus.
« Si tu devais expliquer cette situation à quelqu’un d’autre, comment la décrirais-tu ? »
4. Reformulez pour structurer la pensée
Reformuler ce que vous entendez, sans juger ni orienter, aide le mentoré à clarifier ses idées et à mieux nommer ce qu’il vit.
« Si je comprends bien, tu hésites entre X et Y, et tu aimerais savoir ce qui est le plus aligné avec tes priorités, c’est bien ça ? »
5. Renforcez la confiance du mentoré en ses capacités
Le rôle du mentor est aussi de rappeler les ressources déjà présentes chez la personne mentorée. Cela contribue à renforcer son autonomie et sa confiance.
« Tu as déjà traversé des situations difficiles. Qu’est-ce qui avait bien fonctionné pour toi à ce moment-là ? »
6. Cadrez sans diriger
Vous pouvez aider à structurer la réflexion, pointer des angles morts, suggérer des pistes… mais évitez de dicter une trajectoire. L’objectif est de rendre le mentoré autonome en lui offrant des repères.
Pourquoi c’est important ?
Accompagner sans imposer ses réponses, c’est offrir au mentoré l’espace pour définir son propre cap et s’y engager pleinement.
Cette posture limite la dépendance, stimule la prise de décision et favorise une véritable autonomie, en lui donnant les moyens de construire sa propre grille de lecture des situations.
Et vous, quelle stratégie utilisez-vous pour accompagner sans diriger ?
Avez-vous vécu des moments où il était difficile de résister à « donner la solution » ?
Source : Yvon Chouinard, Feedback in Mentoring: How to Give It, Receive It, and Ask for It